La Réunion à Washington : Une Parodie Diplomatique au Détriment de la Souveraineté Haïtienne

kenyan police
Image: HANDOUT – Des policiers sautent lors d’un entraînement avant leur déploiement en Haïti en janvier 2024 pour lutter contre les gangs et rétablir la paix.

Hier, lundi 12 février 2024, une réunion s’est déroulée à Washington, réunissant les autorités haïtiennes, kényanes et américaines. Selon divers médias nationaux et internationaux, cette rencontre avait pour objectif de planifier l’arrivée des policiers kényans en Haïti, face à une situation sécuritaire désastreuse qui sévit dans le pays. Les pourparlers engagés lors de cette rencontre dite stratégique se prolongent aujourd’hui, mardi 13 février 2024. Parmi les représentants haïtiens présents, on compte notamment la ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, madame Emelie Prophète et le Directeur général de la Police Nationale d’Haïti, monsieur Frantz Elbé. Cependant, derrière les apparences diplomatiques, l’engagement réel du gouvernement de facto haïtien dans la résolution de cette crise semble plus que discutable.

En effet, malgré les signaux d’alarme lancés par plusieurs partis politiques et organisations de la société civile, le gouvernement de facto haïtien semble préférer l’attente passive à une action proactive pour protéger ses citoyens. Cette attitude laisse la population dans une situation de vulnérabilité croissante, alors que les gangs continuent de semer la terreur dans les rues de la capitale haïtienne. Pendant les dernières quarante-huit heures, les gangs ont contraint des milliers de citoyens ordinaires de la Plaine du cul-de-sac et de Carrefour à fuir leurs foyers, dans un climat de peur et d’incertitude. Les récents événements, notamment les attaques brutales lors de la deuxième journée des festivités carnavalesques, témoignent de l’incapacité du gouvernement à garantir la sécurité publique.

Face à cette situation alarmante, l’inaction persistante du gouvernement haïtien est de plus en plus critiquée, et à juste titre. Son mutisme face aux appels pressants à agir pour protéger la population est incompréhensible et suscite l’indignation. Au lieu de faire preuve de leadership et de prendre des mesures décisives pour répondre à la crise sécuritaire qui sévit dans le pays, le gouvernement semble préférer se retrancher dans une attitude passive et délaisser ses responsabilités les plus élémentaires envers ses citoyens.

De plus, l’apparente dépendance du gouvernement haïtien à l’égard des forces étrangères soulève des questions légitimes quant à sa souveraineté et à son autonomie politique. Plutôt que de chercher des solutions internes pour résoudre les problèmes de sécurité nationale, le gouvernement semble se tourner vers des interventions extérieures, renforçant ainsi l’image d’un État incapable de prendre en charge ses propres affaires.

La question cruciale qui se pose est celle de la véritable mission de cette force multinationale en Haïti. Au-delà de l’objectif apparent de combattre les gangs et de restaurer l’ordre public, il est légitime de s’interroger sur les motivations sous-jacentes et les implications politiques de cette intervention. En effet, la présence de forces étrangères pourrait également servir à renforcer la capacité du Premier Ministre de facto à maintenir son pouvoir en place.

Le discours prononcé par le Premier Ministre dans la soirée du 7 février 2024 soulève des doutes quant à ses véritables intentions. Ses déclarations suggèrent qu’il n’a aucunement l’intention de céder le pouvoir, ce qui soulève des préoccupations quant à l’usage potentiel de cette force multinationale pour consolider son régime autoritaire.

Dans ce contexte, il est légitime de se demander si l’arrivée des forces étrangères vise réellement à protéger la population haïtienne ou si elle sera utilisée comme un moyen de maintenir en place un gouvernement décrié, contesté et incapable. Cette question soulève des préoccupations majeures quant au respect de la démocratie et des droits de l’homme en Haïti, ainsi qu’à la légitimité de l’intervention étrangère dans les affaires intérieures du pays.

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