Première transplantation de rein de porc génétiquement modifié réussie sur un patient humain

IMAGE: MICHELLE ROSE / AP - Un rein de porc, avant d’être greffé sur un humain, au Massachusetts General Hospital de Boston, le 16 mars.

Une équipe de chercheurs du Massachusetts General Hospital à Boston a réalisé avec succès la première transplantation de rein provenant d’un porc génétiquement modifié à un patient humain. Cette percée marque un jalon majeur dans le domaine de la transplantation d’organes, plus précisément la xénotransplantation, et ouvre de nouvelles perspectives pour des milliers de patients souffrant d’insuffisance rénale en attente de greffes.

Pénurie d’organes

La greffe d’organes est souvent entravée par une pénurie critique de donneurs, entraînant des listes d’attente prolongées et, malheureusement, des décès évitables. Pour pallier ce problème, les scientifiques se sont tournés vers les porcs, dont les organes présentent des similitudes anatomiques et physiologiques avec ceux des humains. Cependant, la principale barrière à surmonter était le risque de rejet par le système immunitaire du receveur. Les porcs, en tant qu’espèce différente, présentent des antigènes étrangers qui déclenchent une réponse immunitaire agressive chez les humains.

Pour pallier ce problème, les chercheurs ont utilisé une approche novatrice en génie génétique. Ils ont modifié génétiquement les organes des porcs pour supprimer les gènes porcins nocifs responsables de la production d’antigènes qui déclenchent le rejet chez les humains. Ce processus a abouti à la création de porcs donneurs dont les organes sont plus compatibles avec le système immunitaire humain.

Une première réussite tant attendue

Le patient, âgé de 62 ans, souffrait d’une insuffisance rénale chronique. L’opération, qui a duré quatre heures, s’est déroulée avec succès le samedi 16 mars 2024. Le patient se remet bien de l’intervention contrairement aux précédents essais, selon les déclarations du Massachusetts General Hospital. Les experts soulignent que cette intervention marque une étape importante dans la recherche d’organes plus facilement disponibles pour les patients. Des études supplémentaires seront nécessaires pour évaluer la durabilité de la fonction rénale transplantée, la réponse immunitaire et les éventuelles complications à long terme.

Il s’agit d’une première transplantation de rien réussie qui ouvre la voie à un avenir prometteur pour la médecine régénérative et la transplantation d’organes. Elle offre de l’espoir à des millions de patients dans le monde entier en attente désespérée d’une deuxième chance de vie. En combinant les dernières avancées en génie génétique avec l’expertise médicale, cette réalisation illustre le pouvoir de l’innovation scientifique à transformer radicalement la pratique médicale et à améliorer la santé et le bien-être de l’humanité.

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