Quand la Misère Devient Complice de l’Impunité et Alimente la Gangstérisation

Sommes-nous confrontés à un tout premier scénario où la justice haïtienne semble être enlisée dans les préjugés sociaux, engendrant des conséquences néfastes que nos prétendus dirigeants nous ont façonnées au fil des années ? En moins de 24 heures après la diffusion des nouvelles sur les réseaux sociaux concernant l’arrestation de l’ex-député Cholzer CHANCY, Ennery et la traversée vers le nord du pays semblent être bloqués jusqu’à nouvel ordre.

Pourquoi le peuple prend-il souvent la défense de ces derniers face à la justice ? Est-ce parce qu’ils sont plus présents que l’État, ou devons-nous continuer à pointer du doigt le niveau d’éducation de la population ? Loin de prétendre nous substituer à la justice haïtienne ou justifier la décision du magistrat instructeur Al Duniel Dimanche, nous tirons la sonnette d’alarme sur un phénomène ancien qui a contribué à nous conduire à ce niveau d’invivabilité et d’anarchie totale que notre société traverse actuellement.

Comment pouvons-nous oublier ces hommes politiques, entrepreneurs et hommes d’affaires haïtiens qui, à maintes reprises, justifient avoir des relations avec les chefs de gangs armés, qualifiant ces derniers de leaders sociaux ou communautaires ? Devons-nous condamner le soulèvement ou la demande de libération exprimée par les habitants d’Ennery ou les partisans de quiconque enfreint la loi et est confronté à la justice pour en payer le prix ? Devons-nous blâmer la population des quartiers défavorisés, à qui il est interdit de fuir la zone au risque de leur vie, tout en recevant des dons de ces chefs de gang en période de détresse, alors que l’État prétend toujours que ses caisses sont vides pour satisfaire leurs ambitions mesquines et payer les bandits et militants qui les aident à rester au pouvoir ?

La cohabitation entre la misère, l’impunité et la gangstérisation représente un triptyque délicat qui influence profondément la dynamique sociale haïtienne. Cette misère atroce est installée et exploitée par les politiciens, entrepreneurs et hommes d’affaires haïtiens dans le but ultime de se disculper ou d’échapper aux répercussions de leurs actions et se protéger contre la justice. Ils ont ainsi créé ainsi une forte possibilité de mobilisation dans leur entourage pour clamer leur innocence. A cet effet, l’impunité crée un terrain fertile pour l’émergence de comportements criminels et la gangstérisation de nos communautés qui actuellement atteint un niveau sans précédent dans notre histoire.

À travers le monde, des régions confrontées à des niveaux élevés de misère sont souvent aux prises avec des problèmes d’impunité et de gangstérisation. Des quartiers urbains défavorisés aux régions rurales oubliées, l’intersection de ces phénomènes crée des défis complexes pour les communautés locales et enclavent tout processus de développement durable.

Nous voulons aussi souligner que certains de ces cas d’arrestation ou de comparution en justice sont le fruit de marchandages politiques ourdis par les penseurs et les partisans de la misère du peuple, visant à nuire à leurs potentiels concurrents ou à leur barrer la route le plus tôt possible.

Pour briser ce cercle vicieux, il est impératif de s’attaquer aux racines de la misère en investissant dans l’éducation, l’emploi et le bien-être social. En parallèle, nous devons renforcer l’accès à la justice et promouvoir la responsabilité citoyenne qui peut contribuer à réduire l’impunité. Ces efforts combinés peuvent atténuer les conditions propices à la gangstérisation et au déclin de notre chère Haïti.

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