Quand l’équipe d’Argentine donne une leçon spéciale au peuple haïtien

En toute chose, il y a toujours une leçon à apprendre car la vie elle-même est une école. Le dernier méga-événement mondial qui a marqué la fin de l’année 2022 devrait nous inspirer et nous apprendre quelque chose si nous sommes aptes à apprendre.

« LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE » devise de la république d’Haïti et sa légende « L’UNION FAIT LA FORCE » qui accompagne les armoiries de la république sont ceux   sur quoi vont fonder notre texte. Être libres et égaux en étant des frères, reste étouffé entre illusion et réalité, ce que nous devons être en mesure de comprendre. Par conséquent, le jour où nous cherchons à comprendre cette phrase sublime, ainsi que ces mots qui constituent notre devise, nous ferons de grands exploits et rien ni personne ne pourront plus nous arrêter.

Laissez-moi partager avec vous ce que j’ai appris de l’équipe nationale d’Argentine qui vient de remporter son troisième titre de coupe du monde. Peut-être, vous l’avez vu mais vous ne l’accordez pas trop d’importance. Euh bien, cela m’attire l’attention. Laissez-moi commencer par la fin de ce que je vais dire puis je vais un peu élaborer : « Quand l’union fait la force » au sein de l’équipe d’Argentine, rien ne l’arrête, elle est enfin championne du monde ». Cela ne vous dit rien ?

Il va sans dire qu’une équipe est un ensemble de sportifs agissant de concert pour une victoire commune au sein duquel l’union doit régner. Sinon, il peut tout arriver sauf gagner ensemble. Unanimement, il y a une sorte de parallélisme entre les joueurs d’une même équipe et les membres d’un même gouvernement, le simple fait que l’ensemble des éléments de chaque groupe doit s’harmoniser au moment où chacun joue son rôle pour aboutir à un résultat exprimant la victoire et la satisfaction de tous. Que ce soit en sport ou en politique, on ne peut pas ignorer l’importance de l’union car elle est aux groupements sociaux optés pour un accomplissement d’un rêve en commun ce que la force électromotrice (f.é.m.) est au générateur. En fait, sans elle, il n’y a ni travail ni énergie, donc pas de résultat.

Quand on est assoiffés et affamés de quelque chose, le seul désir est de se voir contempler ce qu’on avait beaucoup envie. Comme a dit la bible, celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé, il n’était pas question à l’équipe d’Argentine de lâcher le rêve de chasser le troisième titre de coupe du monde. On a pu constater à chaque fois l’envie de gagner de l’équipe mais cela n’a pas empêché la galère au rang de l’équipe d’Argentine.

Faisons un petit rappel de la situation de l’équipe d’Argentine depuis son deuxième titre en 1986. Là, on va comprendre combien la patience, la persistance et la persévérance sont primordiales pour accomplir un rêve dans une date dont on imagine. Bref ! Après le second titre de 1986, l’équipe était promise de faire le back to back en 1990, malheureusement elle était inclinée un (1) but à zéro (0) contre la république fédérale allemande (RFA) de Lothar Matthäus sur un pénalty d’Andreas Brehme. Puis en 1994, l’Albiceleste s’inclinait 3 buts à 2 contre la Roumanie en huitième de finale. Ensuite, cela n’avait pas encore rimé au rêve des argentins car l’équipe laissait la compétition en quart de finale en perdant 2 buts à 1 contre l’équipe hollandaise en 1998. Quatre ans plus tard, en 2002, l’équipe d’Argentine était annoncée parmi les favorites de cette Coupe du monde, la sélection argentine est éliminée dès le premier tour en se classant troisième de son groupe après une victoire contre le Nigeria, une défaite contre l’Angleterre et un match nul contre la Suède. De plus, en 2006, elle est éliminée en quart de finale contre l’Allemagne, pays organisateur. Bientôt d’ailleurs en 2010, on a vu une équipe d’Argentine catastrophique contre l’Allemagne en quart de finale où elle s’incline quatre (4) buts à zéro (0) avec Maradona comme coach. Dès lors, dans la prochaine organisation dans l’année 2014, l’Argentine remontait la pente et était à deux doigts du titre, malheureusement au temps de prolongation soit à la 113ème minute l’Argentine a encaissé un but condamnable de Mario Götze et a perdu contre l’Allemagne en finale un (1) à zéro (0). Revenant à la coupe du monde de 2018 qui était organisée en Russie, on a assisté à une équipe d’Argentine méconnaissable face à la France en huitième de finale où elle a perdu quatre (4) buts à trois (3). Enfin, cette parole célèbre de Nelson Mandela :  » la plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute  » allait avoir toute son importance pour l’équipe d’Argentine dans la dernière édition de coupe du monde.

Au vu et au su de nombreux d’entre nous, plus particulièrement moi qui commence à regarder jouer l’Argentine depuis 1998, c’est pour la première fois, depuis l’arrivée de Lionel Scaloni à la tête de l’équipe, l’Argentine est aussi unie, harmonieuse et amicale. Depuis que je regarde l’équipe d’Argentine, elle n’est jamais ridicule mais elle n’était non plus si collective et unie autour d’un seul objectif, du staff management passant par le gardien de but jusqu’aux attaquants. La force de cette équipe se réside dans l’équipe sachant que les joueurs mettent de côté leur égo, leur vedettariat en fixant un intérêt commun, à savoir gagner de titres majeurs pour l’équipe et pour le peuple argentin. Le plus intéressant encore, les joueurs savent pour arriver à accomplir ce rêve, l’équipe a besoin un leader. Indiscutablement, ils admettent que leur capitaine Messi a toutes les qualités pour être leur leader. Ils choisissent Messi, ainsi ils jouent pour eux, pour Messi et pour l’équipe. Le résultat, vous le savez tous, l’équipe d’Argentine, championne du monde le 18 Décembre 2022 après 36 ans de disette.

Pour revenir à l’idée principale, en 1986, la même année du dernier titre majeur de l’équipe d’Argentine, depuis le début de cette même année, le peuple haïtien n’a jamais eu une lueur de bonheur car les années s’enchaînent de crise en crise, quelle coïncidence ! Tout de suite après le départ du président Jean-Claude Duvalier, il y avait une formation d’un conseil national gouvernemental dirigé par le général Henry Namphy qui ne pouvait pas vraiment créer un climat de paix et d’ordre puis le respect des droits de l’homme comme s’était annoncé. La galère avait déjà commencé pour une population qui a toujours rêvé une vie meilleure. De Namphy à Manigat, de Manigat à Namphy, à nouveau, pour arriver à Prosper Avril au cours de l’année 1988, rien n’a été bougé comme plan et projet pour donner au pays une nouvelle direction. Au début de l’année 1990, des arrangements ont été faits pour que le pays ait un président élu, mais juste avant madame Ertha Pascal Trouillot gérait l’intérimat en étant présidente provisoire et c’était à elle aussi d’organiser la première élection démocratique du pays qui allait accoucher le père charismatique de l’église catholique, Jean Bertrand Aristide que beaucoup surnomment Titide comme président élu et qui avait été investi  le 7 février 1991. Depuis, c’est comme s’il y avait un vent d’espoir qui soufflait sur le pays, car, la majorité de la population était en admiration avec le nouveau et premier président élu démocratiquement.

Malheureusement, aucun accord n’a été joint pour empêcher que le pays sombre dans une crise sans merci. Donc, le 30 Septembre 1991, le président est victime d’un coup d’État et l’armée avec son général Raoul Cédras prend la commande du pays. La crise politico-économique s’était déjà enflammée, embargo sur le pays, dès lors la vie chère et la misère étaient déjà un fardeau lourd que supportait le peuple. Ensuite, 15 Octobre 1994, le retour du président exilé au pays n’avait pas du bon goût pour l’armée d’Haïti.  Dans moins de deux, 7 Février 1996, un nouveau président est élu sous le régime Lavalas, René Garcia Préval. La prochaine organisation de l’élection présidentielle élu à nouveau Jean Bertrand Aristide au pouvoir le sept (7) Février 2001, qui malheureusement n’avait pas mis fin avec son mandat. Il était encore victime d’un coup d’État dans la date du 29 Février 2004, orchestré par les opposants politiques, la classe économique traditionnelle et la communauté internationale. Le pays s’enfonce de plus en plus dans le trou. Malgré les bruits que font les opposants avec un soi-disant nouveau contrat social, le peuple n’a jamais vu l’espoir qu’il attendait depuis toujours. Le gouvernement intérimaire Boniface-Latortue ne pouvait non plus offrir quelque chose au peuple haïtien. L’organisation des élections de 2006 a été élu à nouveau René Garcia Preval qui à son tour remettait le pouvoir à Michel Joseph Martelly le 14 Mai 2011. Laissant le pouvoir 14 Février 2016, il ne pouvait même être remplacé par un président élu. C’était le tour de Jocelerme Privert pour diriger par intérim comme président provisoire. C’était à lui aussi d’organiser les élections qui allaient accoucher Jovenel Moïse au pouvoir le 7 Février 2017, lui qui meurt au pouvoir assassiné le 7 Juillet 2021 dans son domicile privé. Depuis lors, c’est son dernier premier ministre désigné qui prend la commande du pays comme étant à la fois premier ministre et président provisoire. La crise politico-économique et sociale d’Haïti est tellement chronique, l’enchaînement de pouvoir se fait toujours du président élu au président provisoire et il n’y a jamais un projet de société, un projet de développement. Chacun son Haïti, le grand perdant, le peuple haïtien.

Depuis 1986, nous nous trouvons au bord de la division, au bord de la haine, ce qui fait de la légende accompagnant notre devise nationale à savoir :  » L’UNION FAIT LA FORCE » quelque chose de sans valeur car nous n’arrivons jamais à la concrétiser dans notre vie en tant que peuple. Déchirure et division sont les maîtres-mots qui nous définissent, ce qui explique notre descente aux enfers chaque jour qui suit. Nous n’avons pas la capacité de nous unir autour d’un projet commun, ce qui le rend quasi impossible de choisir un leader pour nous mener au bon port, celui évidemment du développement.

Chers compatriotes, jeunes et adultes, enfants et vieillards, noirs et mulâtres, riches et pauvres, nous sommes très faibles, ce qui fait de nous la risée de ce monde. Si nous voulons être forts, nous avons l’extrême urgence de nous unir, ainsi nous pourrons choisir un leader et ensemble nous pourrons sortir le pays du marasme de tous les mauvais noms dont il vit.

Après 36 ans, en raison de l’union au sein de l’équipe, l’Argentine a relevé son défi. À nous maintenant de relever le nôtre après avoir souffert durant ce même nombre d’années. Est-ce-qu’on doit s’attendre à ce qu’Haïti suit la même trace que l’équipe d’Argentine ? Je n’en suis pas si sûr car nous sommes encore dans la galère et tout s’effondre, mais comme dit le dicton,  il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ce que nous avons de meilleur et en commun, c’est Haïti. Si nous voulons, nous pouvons, il suffit d’avoir la volonté et d’y croire. Faisons un sacrifice pour sauver le pays. Unissons-nous dans la sérénité pour rapatrier notre souveraineté.


Féguens JOSEPH, Educateur et Spécialiste en Management

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *